UNE LIBRAIRIE AMBULANTE

 

   Publié le mercredi 24 avril 2013 sur Les Nouvelles Calédoniennes

 

Ateliers, spectacles, rencontres, dédicaces : la 10e édition de la Semaine du livre s’annonce riche et variée, jusqu’à samedi, à la médiathèque Ouest. L’occasion d’inaugurer une librairie itinérante, chargée de pallier l’absence de magasins spécialisés en Brousse.

 

Jean-Brice Peirano, directeur de la Maison du livre, a dévoilé hier matin, une toute nouvelle librairie ambulante, outil chargé de diffuser livres et produits culturels hors de Nouméa.

 

 

Proclamée Journée mondiale du livre par l’Unesco, les partenaires étaient réunis à la médiathèque Ouest, hier matin, mardi 23 avril, pour lancer la 10e Semaine du livre. Une fête placée sous le signe du développement durable, pour faire écho au colloque qui se déroule à l’auditorium de la médiathèque, organisé aujourd’hui jusqu’à vendredi par l’IRD et l’UNC.

Le public trouvera une table thématique sur le sujet avec des essais, des albums, des DVD, une exposition sur le développement durable et des photos du concours « L’eau Cal’c’est la vie », ainsi que des ateliers animés par le Centre d’initiation à l’environnement.

Les auteurs du Caillou seront présents, notamment ceux dits « de proximité », tels que Jean-Yves Meuric et Noella Poemate. « Dans la région VKP, nous avons plusieurs auteurs, auxquels il faut ajouter les illustratrices Isabelle Goulou, Ismaella Pourouda et Francia Boi, dit Amélence Darbois, à la Médiathèque Ouest. Il y a donc un bon potentiel dans la région pour donner aux jeunes l’envie de lire et d’écrire. »

 

Ambulante. Si c’est le livre qui sera à l’honneur jusqu’à samedi, c’est une camionnette blanche qui lui a volé la vedette, hier matin. Il s’agit d’une librairie ambulante, nouvel outil de diffusion et de distribution de produits culturels locaux, de la Maison du livre de Nouvelle-Calédonie et de l’Association des éditeurs et des diffuseurs (AEDE). Un cadeau de 4,5 millions de francs de la part de la société Xstrata, dont on reconnaît la charte graphique et les couleurs sur les flancs du véhicule.

A l’intérieur, on peut se tenir debout et feuilleter les œuvres des auteurs locaux qui trônent sur les rayons. Bref, on se croirait dans une vraie petite librairie, avec au total 1 150 titres différents. « Toute la production calédonienne est représentée puisque tous les éditeurs font partie de l’AEDE », précise Jean-Brice Peirano, directeur de la Maison du livre. En plus des livres qui représentent 90 % du contenu, on trouve également quelques DVD, CD, albums de coloriage et autres puzzles.

 

Locaux. Le livre devrait donc être un peu plus visible dans les prochaines années car pour l’instant, il n’existe que quatre librairies en Calédonie, toutes sur Nouméa. Dans le Nord, il faut se tourner vers les tabacs presse, sinon vers les rares événements autour du livre. Dans ces conditions, il est plus facile de comprendre pourquoi « seulement 800 ouvrages locaux ont été vendus en 2011 dans les différents points de vente. Ce n’est vraiment pas beaucoup ! C’est pour cela qu’un outil comme cette librairie itinérante est important », plaide Jean-Brice Peirano.

Auteur et professeur de français au collège de Tiéta, à Voh, Noella Poemate fait partie de ces ambassadeurs du livre en Calédonie. Mais elle est inquiète : « Avec les Mobilis, les écrans, les tablettes, les jeunes n’ont pas le réflexe du livre. Ils veulent aller vite et il faut que ce soit facile. Or, lire et se cultiver prennent du temps et demandent un effort. Et s’ils ne lisent pas maintenant, ils ne liront pas plus tard. »

 

L’association Lire en Calédonie, qui fête son 20e anniversaire, livre un combat semblable qu’elle commence au primaire :

« Il faut commencer tôt et faire de l’enfant un ambassadeur du livre, estime Juliette Maes, présidente de l’association. Car le livre est plus qu’un divertissement : c’est un facteur de cohésion sociale, de découverte, un lien d’échange. C’est la pensée humaine qui circule, donc il favorise l’émergence d’une identité et notre émancipation culturelle. »